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Vivre dans un immeuble haussmannien, au-delà de la carte postale

Pierre de taille, balcon filant, parquet en point de Hongrie : l'appartement haussmannien fait rêver sur les annonces. On y vit pourtant avec un bâtiment conçu au XIXe siècle, ses qualités et ses habitudes.

Par la rédaction4 minutes de lecture

Immeuble haussmannien en pierre de taille avec balcons filants en fer forgé
Photo : Amaury Laporte, CC BY 2.0 (via Flickr).

À Paris, environ la moitié des résidences principales ont été construites avant 1946, et dans plusieurs arrondissements du centre la part dépasse les trois quarts, selon le recensement de 2023. Une bonne partie de ce parc date des grands travaux du Second Empire, quand le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, a fait percer les boulevards et aligner les façades. Lyon, Marseille, Lille ou Bordeaux ont aussi leurs rues de style haussmannien.

Ce qu’on reconnaît de la rue

L’immeuble type est en pierre de taille, aligné sur la rue, avec un rez-de-chaussée commerçant, un entresol, puis les étages. Le deuxième étage, autrefois le plus prisé parce qu’assez haut pour échapper à la rue et assez bas pour éviter l’escalier, porte souvent un balcon filant sur toute la façade. Un second balcon court au cinquième. Sous le toit en zinc, les anciennes chambres de service, desservies à l’origine par l’escalier secondaire.

Ce qu’on gagne à l’intérieur

La hauteur et la lumière. Dans les étages nobles, les plafonds dépassent souvent trois mètres, et les fenêtres sont à la mesure. Un deux-pièces de 40 m² y paraît plus grand qu’un trois-pièces des années 1970.

Les volumes en enfilade. Salon et salle à manger communiquent par des portes doubles, la cuisine et la salle de bains ont souvent été logées après coup dans d’anciens espaces de service. C’est charmant, et parfois peu pratique.

Les matériaux. Parquet de chêne en point de Hongrie ou à bâtons rompus, cheminées de marbre (souvent condamnées), moulures au plafond. Ils vieillissent bien, à condition de les entretenir.

Ce qu’on paie au quotidien

Le chauffage. Grands volumes, fenêtres d’origine en simple vitrage dans certains immeubles, cheminées qui laissent passer l’air : un appartement haussmannien peut être difficile à chauffer, surtout au dernier étage sous les combles. Les murs de pierre épais et la mitoyenneté avec les immeubles voisins limitent en partie les pertes.

Le diagnostic énergétique. C’est le point à vérifier avant de signer un bail. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au diagnostic de performance énergétique ne peut plus être proposé à la location pour un nouveau bail ; en 2028 ce sera le tour des logements classés F, en 2034 des logements classés E. Le DPE doit figurer dans l’annonce : un immeuble ancien mal isolé peut se retrouver dans ces classes.

Le bruit des planchers. Les planchers sont posés sur des solives de bois. Ils transmettent les bruits de pas et de chaises bien plus qu’une dalle de béton. Le voisin du dessus en chaussures à talons s’entend, et lui vous entend. Les tapis aident. La marche à suivre en cas de conflit est dans notre article sur le bruit des voisins.

L’ascenseur ajouté. Beaucoup d’immeubles ont reçu leur ascenseur après coup, logé dans la cage d’escalier ou dans une courette : il est parfois minuscule. Un canapé passe rarement par là, ce qui compte le jour du déménagement.

Les charges. Un gardien, un ascenseur, des façades en pierre à ravaler périodiquement : les charges de copropriété d’un immeuble haussmannien sont rarement légères. Pour un locataire, une partie se retrouve dans les charges locatives.

Les chambres de bonne

Au sixième, les anciennes chambres de service sont souvent louées seules. Pour être louée comme logement, une pièce doit offrir au moins 9 m² de surface habitable avec 2,20 m sous plafond, ou un volume habitable de 20 m³. Sous les combles, une partie de la surface est souvent sous 1,80 m et ne compte pas comme surface habitable. Avant de signer, demandez la surface exacte et la hauteur au point le plus haut.

Ce qu’il faut demander à la visite

  1. La classe énergétique du DPE, et la date du diagnostic.
  2. Le type de fenêtres et de chauffage (individuel au gaz, électrique, collectif).
  3. L’étage et l’existence d’un ascenseur jusqu’à votre palier.
  4. Le montant des provisions pour charges et ce qu’elles couvrent.
  5. Si des travaux de ravalement ou de toiture sont votés ou annoncés.

À Paris, un petit appartement se loue autour de 33 € le mètre carré, charges comprises, selon la carte des loyers 2025, avec de fortes différences d’un arrondissement à l’autre (voir le loyer d’un deux-pièces, arrondissement par arrondissement). Le charme de l’ancien n’apparaît dans aucune statistique ; la facture de chauffage, si. La ligne Vivre en appartement aborde les autres façons d’habiter la ville.

Sources consultées

Article d'information générale, à jour à sa date de publication. Pour un cas précis (bail, litige, copropriété), l'ADIL de votre département répond gratuitement.

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